Philippe Judlin

Paris 1956

On entre dans la série des tableaux  de Philippe Judlin ainsi qu'on entre dans une chapelle romane ou une petite fugue de Bach: même équilibre, même savante sobriété, même intériorité.Au bout d'une lente, patiente sédimentation des strates de couleurs, masses grises et masses blanches s'organisent en vision binaire, dans une extrême simplicité, un dépouillement humble, qui exigent un regard sans attente et rendent celui-ci à sa nudité.

Silencieux mais intense dialogue entre ces gris et le blanc qui les modifie, selon la disposition des masses, leur forme, leur composition. Subtiles variations qui peu à peu apparaissent, incertaines, mouvantes, mais profondes et transparentes.
S'impose alors l'évidence d'une "vie silencieuse", d'une "vie immobile", à l'instar des natures mortes de Giorgio Morandi, des portraits du Fayoun.
La matière devient lumière. Celle-ci sourd du tableau, vibre et s'inscrit dans l'instant présent et la mémoire. Dans le temps.
C'est un pur acte de peinture que nous offre cette série. Acte devenant méditation qui, par sa clarté, sa force et son ascétisme, suscite une émotion pérenne.
On s'en détache dans la sérénité, avec le sentiment d'une révélation face à quelque chose d'intemporel et strictement spirituel.
Immatérialité d'une présence-absence: méta-physique ?

texte:Françoise Mandot

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